jeudi 11 août 2016

Nicolas Lebel : Le jour des morts


Edition : Marabout, 2014

Résumé :

Paris à la Toussaint. Le capitaine Mehrlicht, les lieutenants Dossantos et Latour sont appelés à l'hôpital Saint-Antoine : un patient vient d'y être empoisonné. Le lendemain, c'est une famille entière qui est retrouvée sans vie dans un appartement des Champs-Élysées. Puis un couple de retraités à Courbevoie... Tandis que les cadavres bleutés s'empilent, la France prend peur : celle qu'on surnomme bientôt l'Empoisonneuse est à l'oeuvre et semble au hasard décimer des familles aux quatre coins de France depuis plus de quarante ans. Les médias s'enflamment alors que la police tarde à arrêter la coupable et à fournir des réponses : qui est cette jeune femme d'une trentaine d'années que de nombreux témoins ont croisée ? Comment peut-elle tuer depuis quarante ans et en paraître trente ? Surtout, qui parmi nous sera sa prochaine victime ? Dans la tornade médiatique et la vindicte populaire, chacun reconnaît la tueuse : elle est une voisine, une soeur, une ex, et la chasse aux sorcières s'organise. Mais derrière l'Empoisonneuse, c'est la Mort elle-même qui est à l'oeuvre, patiente et inexorable : nul ne lui échappera.


Mon avis :

Mehrlicht a ses entrées à l'hôpital Saint-Antoire : il rend régulièrement visite à un très bon ami atteint d'un cancer. Quand le médecin l'appelle, il pense tout de suite au pire, mais en fait, un patient vient d'être assassiné...
Mehrlicht s'empare de l'enquête avec ses fidèles lieutenants Dossantos et Latour, et cela malgré le danger de celle-ci.

Rencontré lors du salon Saint Maur en poche, Nicolas Lebel est un auteur très abordable qui parle extrêmement bien de ses livres.

Le jour des morts est ce que j'appelle un polar efficace.
On connait les personnages par l'intermédiaire de descriptions et de dialogues précis.
Ils sont très bien mis en valeur, chacun a une histoire propre totalement séparée de l'enquête ce qui en fait des personnages très complets. L'auteur ne se borne pas à une seule dimension mais leur offre une histoire entière.

Quant à l'enquête, elle est très bien construite. Elle nous mène de Paris à la province, avec un recul de 40 ans. Qui est cette empoisonneuse qui sévit depuis aussi longtemps mais qui, selon les descriptions, n'a que 30 ans ?

Tout le roman s'enchaîne parfaitement, et cela dans une écriture très fluide.

Une très belle lecture pour cet été!


mardi 9 août 2016

Cecelia Ahern : Tombée du ciel




Edition : J'ai lu, 2015

Résumé :

Une nuit, sur le Ha'penny Bridge de Dublin, Christine croise Adam, qui s'apprête à sauter dans le vide. Christine lui lance un défi : elle promet de lui prouver en quelques jours que la vie mérite d'être vécue. Une course contre la montre teintée de romantisme.


Mon avis :

Christine sauve Adam. Il se laisse convaincre que la vie est belle et qu'elle vaut la peine d'être vécue à 100%. Adam laisse alors à Christine quelques jours pour le lui démontrer sinon, il sautera...

La couverture est belle, vous ne trouvez pas ? Et bien, ce n'est pas parce que j'ai été attirée par elle que j'ai acheté le livre, mais parce que j'ai croisé une personne dans le métro qui le lisait, et il m'a donné envie.

J'ai eu du mal à me le procurer, mais quand je l'ai lu, zéro déception.

C'est une histoire d'amitié, d'amour, d'espoirs, de tristesses, de déceptions et de joies. C'est une histoire qui raconte la vie, telle qu'on la connait.
Certes, c'est romancé, mais on peut facilement s'y retrouver et se dire "oui, si je regarde mieux autour de moi, je vois de belles choses, je vois de belles personnes", et nous redonner le sourire.

L'histoire d'Adam et de Christine est touchante et même si on devine la fin, on a envie de la lire. Car Christine est la personne que l'on souhaiterait avoir dans sa vie, celle qui nous pousse à être tout le temps positif, à nous surpasser tout en restant nous même, à nous rendre compte qu'on est juste exceptionnel.

C'est un livre pendant lequel j'ai souri durant toute la lecture, et c'est un roman que je ne peux que conseiller.

dimanche 7 août 2016

Caroline Preston : Le journal de Frankie Pratt




Edition : Pocket, 2015


Résumé :


Cartes postales anciennes, lettres, publicités, échantillons de tissus, menus glanés chez les antiquaires ou sur eBay : six cents pièces ont été nécessaires à sa réalisation. Son héroïne, Frankie Pratt, a 18 ans lorsqu’en 1920 sa mère lui offre un journal. Élève prometteuse à Cornish (Nouvelle-Angleterre), la jeune fille voudrait quitter son village, découvrir l’université, et plus tard devenir écrivain, mais il lui faut renoncer au prestige du Vassar College pour aider sa mère veuve et désargentée. Cependant, même avec une bourse, ces études demeurent hors de portée. Pourtant, par un étrange tour du destin, les portes de la célèbre institution s’ouvrent à elle à la faveur de son idylle naissante avec le peu recommandable capitaine Pingree. Étudiante pendant quatre ans, Frankie croise des intellectuels et des écrivains, parmi lesquels Edna St. Vincent Millay (prix Pulitzer 1923), qui l’encourage à s’installer à Greenwich Village afin de se consacrer à l’écriture. Mais après deux charlestons et trois verres de gin frelaté, les amours à New York deviennent folles, et il est temps pour elle de renouer avec ses rêves : elle embarque pour Paris. À bord du SS Mauretania, Frankie se prend d’amitié pour une « vieille fille aventurière » et deux princes russes exilés – rencontre qui la conduit jusqu’à l’appartement en soupente de la librairie Shakespeare & Company tenue par Sylvia Beach, plaque tournante de la vie des écrivains et des expatriés de langue anglaise. Parmi eux, un certain James Joyce, qui travaille à son nouveau manuscrit, et un certain capitaine P., qui pourrait bien resurgir du passé et lui tourner la tête. Tandis que Lindbergh atterrit en triomphe à l’aéroport du Bourget, Frankie doit repartir vers son village natal, au chevet de sa mère atteinte d’un inquiétant rhume de poitrine. Mais, même de retour à Cornish, elle ne saurait renoncer à sa quête de succès et d’amour…


Mon avis :

Frankie a 18 ans, et Frankie a des rêves. Cependant, venant d'un milieu peu favorisé, elle ne peut pas intégrer d'école lui permettant d'accomplir sa destinée. Par une chance un peu provoquée, elle obtient une bourse et suit ses études dans un collège renommé. Elle se liera d'amitié avec sa colocataire, ira vivre à New-York, puis à Paris avant de revenir dans le berceau de ses origines...

Ce livre n'est pas un roman écrit, c'est un roman photo. Il nous plonge dans l'univers des années 20 en nous décrivant la mode de l'époque, la façon de fonctionner des écoles, les moeurs, et tout cela au travers d'images, cartes postales, photos d'époques.

Quelques encarts nous permettent d'avoir le point de vue de Frankie, et de découvrir son histoire, le courage dont elle a fait preuve pour tout quitter et commencer une nouvelle vie dans une ville inconnue puis dans un pays inconnu. Les risques qu'elle a pris pour réaliser son rêve paraissent énormes pour une femme jeune et seule, mais elle a tout tenté pour l'atteindre.

Attirée par la couverture, et après un feuilletage rapide du livre, j'ai sans hésité décidé de l'acheter. C'est impressionnant cette facilité à intégrer les années 20, et les images qui façonnent ce livre n'y sont pas pour rien. Même dans le métro, je réussissais à imaginer les passagers en costume d'époque !

J'ai adoré la construction de ce livre qui est très originale. J'ai beaucoup apprécié la recherche des documents pour en garnir le roman.

Ce livre a été une très belle découverte.

samedi 6 août 2016

Maud Mayeras : Hématome



Edition : Le livre de Poche, 2010

Résumé :

Dans une chambre d'hôpital, une jeune femme se réveille péniblement. Elle ne sait ni qui elle est, ni pourquoi son corps la fait autant souffrir : sa mémoire est comme effacée. A son chevet, Karter, son compagnon, effondré, lui apprend qu'on l'a agressée, puis violée. Dès sa sortie, Emma, assaillie par des flashs terrifiants, tente de reconstituer le puzzle de sa vie. Qui l'a agressée alors qu'elle attendait un enfant ? Quel grand malheur a mis un terme à sa carrière ? Et pourquoi le silence la sépare-t-il de son père depuis toutes ces années ? Bribe par bribe, les souvenirs resurgissent, sans apporter compréhension ni réconfort. Emma croise des personnages de plus en plus inquiétants et la mort semble peu à peu tout recouvrir autour d'elle...


Mon avis : 

Emma ne se rappelle de rien, ni son petit ami, ni sa vie, ni son appartement, ni son chat. C'est le noir total. Tout ce qu'elle sait vient des médecins et des douleurs qu'elle a ressenties à son réveil.
Sauf qu'elle ne peut pas rester dans cet état, et a besoin de trouver qui elle est.
Elle va donc partir à la recherche de son identité, et passer par des chemins qu'elle n'aurait pas imaginé.

C'est un livre extrêmement dur. J'ai eu des difficultés à lire certains passages car j'ai une imagination débordante et là, il n'y avait rien à imaginer...
Il y a beaucoup de pression psychologique dans ce roman. Le désarroi d'Emma est palpable. On reconstruit son histoire brique par brique, on mène son enquête pour arriver au final.

Même si j'avais découvert le fin mot de ce roman, il est tellement prenant que je ne pouvais pas l'arrêter.
La vie d'Emma reste dans la tête même après avoir fini le livre. L'agression, qui est très violente, plane en arrière plan...

J'ai beaucoup aimé l'écriture, qui est très fluide. Tous les événements tiennent la route et s'enchaîne parfaitement. Maud Mayeras signe un très bon roman policier.

Pour moi, c'est une auteur à suivre.

Terry Pratchett : Fond d'écran


Edition : L'Atalante, 2015

Résumé : 

Ce recueil de nouvelles en rassemble une trentaine (dont une petite moitié dans l'univers du Disque-monde) qui illustrent sa longue carrière d'écrivain : depuis ses années de scolarité jusqu'à sa série à succès du Disque-monde, en passant par son premier emploi d'auteur pour la Bucks Free Press et par les textes à l'origine de son premier roman, Le Peuple du tapis, mais aussi de La Longue Terre.
Ces nouvelles mettent donc en scène des personnages que les romans à venir rendront familiers, des mondes abandonnés et d'autres en expansion, mais aussi de l'aventure, des poulets, la mort du disco et quelques idées dérangeantes sur Noël, le tout teinté de l'inimitable sens de l'humour de Terry Pratchett.


Mon avis :

Ce recueil de nouvelles m'a rendue très heureuse.

J'ai pu y découvrir du Pratchett jeune, avec du Pratchett déjà connu et reconnu grâce au disque monde.
Ce qui m'a très étonnée, c'est la maturité dont a fait preuve Terry Pratchett dès sa jeunesse. On découvre un auteur à l'imagination débordante, qui lance les prémices de ses plus grands romans.

L'intérêt des nouvelles est la complexité avec laquelle il faut mener l'histoire et cela dans un cadre très précis.
Terry Pratchett réussit cet exercice avec une facilité déconcertante. Toutes les nouvelles tiennent la route, et s'intègrent parfaitement à ses autres romans.

C'est toujours un plaisir de lire cet auteur qui écrivait avec beaucoup de simplicité et énormément d'humour.
Constater qu'il faisait cela dès son plus jeune âge m'a rendue un peu jalouse... Mais je ne peux pas rivaliser face à Pratchett, l'homme qui m'a fait aimer la fantasy.

Je ne peux que conseiller ce recueil.

dimanche 31 juillet 2016

Alexander McCall Smith : De l'importance d'avoir sept ans




Édition : 10/18, 2015

Résumé :

Rien n'est plus important pour un enfant de six ans que la perspective d'en avoir sept. Bertie, le petit prodige du 44 Scotland Street, est impatient de se libérer des occupations absurdes de son enfance - la psychothérapie, les cours d'italien et de saxophone - pour passer aux choses sérieuses, à savoir jouer au rugby, aller camper... C'est oublier sa mère, la redoutable Irene, qui compte bien poursuivre le programme éducatif de son fils. Tandis que Matthew se débat dans les affres de la paternité, Angus et Domenica s'embarquent pour le voyage de leur vie en Italie. Mais le syndrome de Stendhal, endémique à Florence, s'apprête à faire une nouvelle victime...


Mon avis :

Bertie n’a de cesse de vouloir se libérer du joug de sa mère.
A presque 7 ans, il rêve d’avoir des amis normaux et des activités banales. En un mot, il souhaite juste s’amuser.
Avec la naissance d’Ulysse, son petit frère qui ressemble étrangement à son ancien psychothérapeute, il pensait que sa mère le laisserait un peu tranquille, mais c’est sans compter sa pugnacité…

Matthew, quant à lui, après son mariage avec Elspeth, va devenir papa. Fini les pantalons framboises, bienvenu dans les préparations d’une nouvelle vie de père.

Enfin, Domenica, Angus et Cyril s’envolent pour l’Italie, et découvrent avec une joie toute particulière ce pays si magnifique.


Quel plaisir de me plonger dans cette lecture…
Je m’y sens comme dans une grande famille, j’éprouve énormément de joie à retrouver tous ces personnages, même si j’ai quelques préférences et tout particulièrement Bertie.

Alexander McCall Smith a créé un petit bonhomme hyper attachant, et extrêmement intelligent. J’adore le décalage existant entre ses rêves d’enfant et ceux que sa mère a pour lui. On compatit aisément à sa douleur d’avoir une maman totalement obstinée et aveugle aux désirs de son fils.

Ce roman me fait rêver d’Edimbourg, me rappelle l’atmosphère envoûtante de cette ville qui est si particulière.

Très bien rythmé, composé de petits chapitres de 2-3 pages maxi, on navigue d’un personnage à un autre avec sourire.

La seule frustration : que le livre s’arrête aussi rapidement.

samedi 4 juin 2016

Grégoire Delacourt : On ne voyait que le bonheur




Edition : Le Livre de Poche, 2015

Résumé :

« Une vie, et j'étais bien placé pour le savoir, vaut entre trente et quarante mille euros. Une vie ; le col enfin à dix centimètres, le souffle court, la naissance, le sang, les larmes, la joie, la douleur, le premier bain, les premières dents, les premiers pas ; les mots nouveaux, la chute de vélo, l'appareil dentaire, la peur du tétanos, les blagues, les cousins, les vacances, les potes, les filles, les trahisons, le bien qu'on fait, l'envie de changer le monde. Entre trente et quarante mille euros si vous vous faites écraser. Vingt, vingt-cinq mille si vous êtes un enfant. Un peu plus de cent mille si vous êtes dans un avion qui vous écrabouille avec deux cent vingt-sept autres vies. Combien valurent les nôtres ? » À force d'estimer, d'indemniser la vie des autres, un assureur va s'intéresser à la valeur de la sienne et nous emmener dans les territoires les plus intimes de notre humanité. Construit en forme de triptyque, On ne voyait que le bonheur se déroule dans le nord de la France, puis sur la côte ouest du Mexique. Le dernier tableau s'affranchit de la géographie et nous plonge dans le monde dangereux de l'adolescence, qui abrite pourtant les plus grandes promesses.


Mon avis :

Antoine est assureur. Son métier consiste donc à évaluer la vie des gens. Un jour, parce qu'il a décidé d'aider un client, il se fait licencier et se retrouve face à sa propre vie.
Que vaut-elle? Alors qu'il a un passé plutôt pesant, une femme volage, deux enfants qu'il aime plus que tout au monde mais qu'il ne sait pas aborder, il fera des choix qui bouleverseront le reste de son existence.

Grégoire Delacourt nous emmène dans la vie d'Antoine, nous l'expose sans ménagement, nous confronte à ses choix que nous n'estimons pas forcément les meilleurs.

Je ne trouve pas que ce soit le meilleur roman de Grégoire Delacourt. Je pense que j'ai été dérangée par certains passages, et je me suis moins reconnue dans le style et dans l'histoire.
Je l'ai trouvé dur et délicat à appréhender, surtout un passage que je tairai pour ceux qui n'ont pas encore lu le livre.

Même si la 4ème de couverture parait appétissante, ce n'est pas nécessairement le livre que je conseillerais de Grégoire Delacourt..

Je me rends compte que je ne sais pas si j'ai aimé ou pas le livre, il m'a laissé des pensées assez mitigées.
Je pense qu'il faudrait que je le relise pour vraiment me décider...