dimanche 24 septembre 2017

Elena Ferrante : L'amie prodigieuse


Edition : Folio, 2016

Résumé :

Naples, fin des années cinquante. Deux amies, Elena et Lila, vivent dans un quartier défavorisé de la ville, leurs familles sont pauvres et, bien qu'elles soient douées pour les études, ce n'est pas la voie qui leur est promise. Lila, la surdouée, abandonne rapidement l'école pour travailler avec son père et son frère dans leur échoppe de cordonnier. En revanche, Elena est soutenue par son institutrice, qui pousse ses parents à l'envoyer au collège puis, plus tard, au lycée, comme les enfants des Carracci et des Sarratore, des familles plus aisées qui peuvent se le permettre.
Durant cette période, les deux jeunes filles se transforment physiquement et psychologiquement, s'entraident ou s'en prennent l'une à l'autre. Leurs chemins parfois se croisent et d'autres fois s'écartent, avec pour toile de fond une Naples sombre mais en ébullition, violente et dure. Des chemins qui les conduiront, après le passage par l'adolescence, à l'aube de l'âge adulte, non sans ruptures ni souffrances.
Formidable voyage dans Naples et dans l'Italie du boom économique, L'amie prodigieuse trace le portrait de deux héroïnes inoubliables, qu'Elena Ferrante traque avec passion et tendresse jusqu'au plus profond de leur âme.


Mon avis : (note 💗💗💗)

C'est une histoire de vie, une histoire qui fait se rejoindre deux destins, celui de Lila, douée pour l'école mais avec un tempérament de feu, et d'Elena, plus réservée, douée également pour l'école mais qui voue une admiration sans faille à Lila. Elle est le centre de son existence, elle vit pour recueillir son assentiment et pour se faire reconnaître comme une personne à part entière.
Au travers de ses yeux d'enfants, puis d'adolescente, on découvre la vie napolitaine, le machisme des italiens prêts à tout pour défendre l'honneur de la famille, la pauvreté, le milieu mafieux, et les sentiments amoureux.

C'est un livre pendant lequel on a l'impression qu'il ne se passe rien, alors que tout avance, petit à petit, au travers d'une voiture, d'un baiser, d'une paire de chaussures.
D'une écriture très élégante, Elena Ferrante nous emmène dans son univers avec beaucoup de facilité. On se sent napolitain pendant toute la lecture du roman, avec qu'une seule envie à la fin, poursuivre avec la suite.

Quelle belle révélation que ce livre ! Quels bons moments passés en compagnie des différents personnages. Quel plaisir de tourner les pages pour poursuivre cette histoire juste passionnante.
Car ce roman est juste étonnant par la justesse du ton, et l'impression que l'on ressent en finissant la dernière ligne.

Le 2nd tome est déjà dans ma PAL... 

dimanche 10 septembre 2017

Alexis Aubenque : Tout le monde te haïra


Edition : J'ai lu, 2016

Résumé :

En Alaska, la ruée vers l'horreur a commencé.

White Forest, petite ville côtière du sud de l'Alaska, est en émoi. Pris dans les glaces, un navire ayant sombré en 1920 vient d'être découvert. Les corps des marins en ont été extraits, mais manquent à l'appel ceux d'une centaine d'orphelins...
C'est dans cette étrange atmosphère que débarque Alice Lewis, avec l'espoir de retrouver sa sœur disparue. Elle engage aussitôt un ancien flic au passé trouble devenu détective privé, Nimrod Russell.
De l'autre côté de la ville, la lieutenante Tracy Bradshaw récupère une sordide affaire : pendu par les pieds dans sa grange, un notable a été éventré à l'aide d'un hakapik, l'arme inuit servant à abattre les phoques.
Envers, et surtout contre tous, les deux ex-coéquipiers, Tracy et Nimrod, vont devoir travailler ensemble alors que plane sur eux l'ombre des enfants disparus.


Mon avis :

Alaska nous voilà !
White Forest est peut-être une petite ville, mais il s'y passe des choses (vous n'avez jamais remarqué le taux de criminalité des petites villes ? Impressionnant...).
Nimrod, détective privé, et Tracy, flic et ancienne coéquipière de Nimrod, se retrouvent mêlés à deux affaires qui n'ont rien en commun.
Cependant, certains points se recoupent, s'entrelacent. On part d'un meurtre, pour poursuivre sur une disparition, pour arriver à un bateau pris dans les glaces.
Quel est le point commun entre tous ces faits ?

Nimrod et Tracy sont deux personnages hyper attachants, L'un avec son chien, l'autre avec sa famille, différents mais complémentaires, tenaces tous les deux, flics dans l'âme.

Ce roman nous plonge dans les mystère de l'Alaska, qui m'ont tellement donné envie d'aller y faire un tour, et de connaitre cette région méconnue.

Verdict : 💗💗💗

J'ai adoré l'atmosphère qui règne dans ce livre, j'ai adoré le lieu et l'histoire.
Une belle découverte que cet écrivain !

Mayumi Inaba : 20 ans avec mon chat


Edition : Philippe Picquier, 2014

Résumé :

Tout a commencé avec la rencontre d’un chaton égaré. Une boule de poils vaporeuse accrochée de toutes ses griffes au grillage d’un jardin. Une chatte friande de sardines et de bonite aigre-douce, qui va s’introduire dans la vie de cette habitante de Tokyo (qui ressemble beaucoup à l’auteur) pour très longtemps. Mî va partager avec elle quatre-vingts saisons, la rendre sensible à l’odeur du vent, aux signes de la nature, à la température de la lumière, et accompagner chacune des transformations de sa vie. Car ce roman étoilé de poèmes est aussi celui d’une femme traversée par la soif d’écrire, qui tous les soirs égrenait sur le papier des choses qui apparaissaient, ou disparaissaient, les yeux posés sur Mî blottie à ses côtés. La malicieuse chatte va se transformer, avec la vieillesse, en une belle endormie, et sa maîtresse, presque sans s’en apercevoir, va devenir écrivain.


Mon avis :

Un chat, une femme, une rencontre. Elles ne se sépareront jamais, même dans les moments les plus difficiles.

La 4ème de couverture est très alléchante, mais j'ai trouvé le récit beaucoup moins...
Un brin de déception en lisant ce roman, je m'attendais à une histoire d'amour et de confiance entre une personne et un animal et je ne suis pas parvenue à m'accrocher ni au roman ni aux personnages comme je le souhaitais.
Je garde un arrière goût de frustration car j'aurais voulu quelque chose de plus beau et de plus merveilleux.

C'est une histoire très terre à terre, ponctuée de déménagements, et des difficultés d'avoir un animal au Japon (apparemment, peu de propriétaires acceptent les animaux dans les locations).
Mî grandit au fil des pages, jusqu'à la fin, où elle s'éteint...

Je ne peux en dire plus, car ce roman n'a pas généré en moi une émotion particulière.


Verdict :

Je ne le recommanderai pas comme lecture, sachant que je me suis parfois ennuyée.

mardi 1 août 2017

Baptiste Beaulieu : Alors vous ne serez plus jamais triste


Edition : Le livre de Poche, 2016

Résumé :

C’est l’histoire d’un médecin malheureux, qui ne se rappelle plus comment soigner depuis que sa femme est partie. Il a décidé de mettre fin à ses jours le soir même.
En se jetant dans un taxi pour régler quelques affaires à l’hôpital, il fait la connaissance de sa mystérieuse conductrice : une vieille dame excentrique capable de deviner quand les gens vont mourir, juste en les regardant dans les yeux. Pour convaincre le Docteur de revenir sur sa décision, elle exige sept jours durant lesquels il devra se soumettre à toutes ses fantaisies.
Le compte à rebours est lancé jusqu’à l’échéance finale. Qui gagnera du désespoir ou de la joie de vivre ? Que s’est-il passé dans la vie de cet homme pour qu’il en arrive là ? Qu’a vécu cette femme pour qu’elle prenne aussi violemment le parti de la vie et du bonheur ?
Avec une poésie joyeuse et une grande émotion, Baptiste Beaulieu imagine une merveilleuse rencontre entre deux êtres qui cherchent à réenchanter le monde.


Mon avis :

Mark, ou Teaddy Bear ou peu importe son nom, n'aime plus la vie. Il a donc décidé de la quitter.
Le matin de sa mort, il fait la rencontre de Sarah, chauffeur de taxi, et dotée de dons incroyables. Elle lui demande alors 7 jours afin de lui redonner goût à la vie, chose que notre docteur ne peut refuser.

Baptiste Beaulieu nous emmène dans l'existence du docteur qui a perdu le goût de toute chose, qui ne sait plus comment soigner ses patients, ni comment sourire. Il se rappelle pourquoi il a voulu devenir médecin, mais le départ de son épouse l'a totalement vidé de sa vie. La fatigue de ce personnage est palpable. On porte son malheur avec lui tout en s'interrogeant sur ce qui nous motive, nous, à continuer (et on trouve plein de raisons!).

Sarah, quant à elle, apporte une note piquante à l'histoire avec son excentricité et son franc parler. On se demande comment une petite vieille comme elle fait pour avoir autant d'énergie, mais on la prend en entier et on l'apprécie.

C'est un livre rafraîchissant, qui nous fait nous poser plein de questions sur la vie, les personnes qui nous entourent (que ferait-on si elles partaient?) et les petites choses que l'on ne remarque pas.
Le milieu médical en arrière plan est, je trouve, très fort, très poignant. J'ai beaucoup été touchée par une scène en particulier qui met en avant la sensibilité dont il faut parfois faire preuve.

J'ai fait une belle découverte en lisant ce livre. Merci à Saint-Maur en poche pour cette rencontre !

lundi 31 juillet 2017

Annie Barrows : Le secret de la manufacture de chaussettes inusables



Edition : 10/18, 2016


Résumé :

Layla Beck, une jeune citadine fortunée, fille d'un puissant sénateur du Delaware, refuse d'épouser le riche parti que son père a choisi pour elle et se voit contrainte d'accepter un emploi de rédactrice au sein d'une agence gouvernementale. Elle n'a jamais travaillé de sa vie, mais en ces temps de grande dépression, nécessité fait loi. Sa mission : se rendre dans la petite ville de Macedonia, interroger ses habitants hauts en couleur, et rédiger l'histoire de cette ville sur le point de célébrer le cent-cinquantenaire de sa fondation. Elle prend pension chez les Romeyn, des excentriques désargentés, autrefois propriétaires d'une grande fabrique de chaussettes et autres articles de bonneterie – Les Inusables Américaines – qui a été ravagée par un incendie plusieurs années auparavant. Ce drame, qui a coûté la vie au grand amour de Jottie Romeyn, reste gravé dans les mémoires et suscite encore bien des questions. Ce même été, Willa Romeyn, douze ans, grande admiratrice de Sherlock Holmes, décide de tourner le dos à l'enfance et d'utiliser ses dons de déduction pour percer les mystères qui semblent entourer sa famille. De question en réponse, de soupçon en révélation, Layla et Willa vont bouleverser le cours des choses, changer profondément et à jamais l'existence de tous les membres de leur petite communauté, et mettre au jour vérités enfouies et blessures mal cicatrisées.


Mon avis :

Layla débarque dans une ville paumée des Etats-Unis, loin de son univers habituel. Refusant le mariage, elle doit travailler.
Elle est hébergée pour la famille Romeyn qui est loin d'être la famille la plus "standard" de la ville...

Univers : petite ville des Etats-Unis (j'adore!!!)
Personnages : une famille + une intrue adoptée par la famille + le reste de la ville (un classique du genre)
Période : été, il fait très chaud, atmosphère moite
Intrigue : Incendie de la manufacture avec décès d'un amoureux

Voilà tous les éléments qui font de ce livre un livre bien sympathique pour l'été !
Les personnages, pour une grande partie féminin, sont drôles et excentriques. On imagine chacun de leur trait, leur façon d'être et de se déplacer, parfois même on peut sentir leur présence.
Ce livre retranscrit avec beaucoup de justesse une atmosphère bien particulière que j'apprécie : celle du mystère planant sur une ville et une famille.

Ce n'est pas forcément le roman que j'ai lu d'une traite, mais c'est un livre que j'ai pris le temps d'aimer page après page. Je me suis attachée aux personnages, et j'ai vécu avec eux des moments tristes, et de moments beaux.

Joël Dicker : La vérité sur l'affaire Harry Quebert


Edition : De Fallois, 2014

Résumé :

À New York, au printemps 2008, lorsque l'Amérique bruisse des prémices de l'élection présidentielle, Marcus Goldman, jeune écrivain à succès, est dans la tourmente : il est incapable d'écrire le nouveau roman qu'il doit remettre à son éditeur d'ici quelques mois. Le délai est près d'expirer quand soudain tout bascule pour lui : son ami et ancien professeur d'université, Harry Quebert, l'un des écrivains les plus respectés du pays, est rattrapé par son passé et se retrouve accusé d'avoir assassiné, en 1975, Nola Kellergan, une jeune fille de 15 ans, avec qui il aurait eu une liaison. 
Convaincu de l'innocence de Harry, Marcus abandonne tout pour se rendre dans le New Hampshire et mener son enquête. Il est rapidement dépassé par les événements : l'enquête s'enfonce et il fait l'objet de menaces. Pour innocenter Harry et sauver sa carrière d'écrivain, il doit absolument répondre à trois questions : Qui a tué Nola Kellergan ? Que s'est-il passé dans le New Hampshire à l'été 1975 ? Et comment écrit-on un roman à succès ?


Mon avis :

Marcus est en panne sèche. Il décide de se rendre auprès de son professeur et ami qui lui a tout appris. Cependant, celui-ci est accusé du meurtre de Nola, 15 ans, avec qui il aurait entretenu une liaison.
Marcus décide alors de mener sa propre enquête grâce au témoignage de Harry mais également à ceux ayant côtoyé Nola.

Je n'ai qu'un seul mot à écrire : palpitant. Ce récit est juste un livre qui ne peut pas se finir. On y est accroché du début à la fin pour connaître enfin la vérité sur l'affaire Harry et Nola. Était-ce une vraie histoire d'amour, ou juste une amourette ? Est-ce qu'Harry aurait pu faire du mal à Nola ? Ou se cache la vérité ?

Le personnage de Marcus, écrivain ayant un best seller à son actif, recherchant une nouvelle fois le succès, tiraillé entre son futur roman et l'avenir de son ami, est attachant, parfois même agaçant tellement il est "parfait". On sent un personnage complet, possédant de grandes valeurs, prêt à aller jusqu'au bout de ses idées pour sauver son ami.

Il y a un dosage parfait entre l'enquête menée par Marcus, et les flash-back du passé. Aucun ennui, juste du bonheur, pour enfin arriver à l'apothéose que personne n'attendait.

C'est un roman qui peut paraître un pavé, mais qui se lit tellement rapidement...

lundi 8 mai 2017

Olivier Norek : Territoires


Edition : Pocket, 2015

Résumé :

Depuis la dernière enquête du capitaine Victor Coste et de son équipe, le calme semble être revenu au sein du SDPJ 93. Pas pour longtemps, hélas ! L'exécution sommaire de trois jeunes caïds va les entraîner sur des pistes inimaginables. Des pains de cocaïne planqués chez des retraités, un chef de bande psychopathe d'à peine treize ans, des milices occultes recrutées dans des clubs de boxe financés par la municipalité, un adjoint au maire découvert mort chez lui, torturé... 
et Coste se retrouve face à une armée de voyous impitoyables, capables de provoquer une véritable révolution. Mais qui sont les responsables de ce carnage qui, bientôt, mettra la ville à feu et à sang ? Avec ce polar admirablement maîtrisé, Olivier Norek nous plonge dans une série de drames terriblement humains et de stratégies criminelles - loin d'être aussi fictives qu'on pourrait le croire - où les assassins eux-mêmes sont manipulés.


Mon avis :

Trois caïds sont retrouvés morts... A cela s'ajoute la découverte d'un trafic de drogue par l'intermédiaire de retraités et un adjoint au maire torturé puis assassiné... Victor Coste doit alors mener une enquête dans un milieu pour le moins fermé et ultra-violent...

Olivier Norek mêle politique et banditisme. Sur fonds de fiction, il nous emmène dans une histoire qui comprend une part de vérité.
Car on se doute que les partis politiques achètent la paix dans certaines banlieues, et donc financent tout ce qui est autour de la drogue.

Comportant des passages très difficiles à lire (les larmes coulaient toutes seules sur un passage bien précis...), j'ai trouvé ce livre extrêmement bien écrit, avec des moments très forts, et une précision très pointue.
Aucun temps mort ne le ponctue, les personnages sont juste magnifiquement créés, un excellent thriller, bien noir comme j'aime.

Il laisse un goût amer dans la bouche et des questionnements... Peut-on faire changer les choses ?