mardi 1 août 2017

Baptiste Beaulieu : Alors vous ne serez plus jamais triste


Edition : Le livre de Poche, 2016

Résumé :

C’est l’histoire d’un médecin malheureux, qui ne se rappelle plus comment soigner depuis que sa femme est partie. Il a décidé de mettre fin à ses jours le soir même.
En se jetant dans un taxi pour régler quelques affaires à l’hôpital, il fait la connaissance de sa mystérieuse conductrice : une vieille dame excentrique capable de deviner quand les gens vont mourir, juste en les regardant dans les yeux. Pour convaincre le Docteur de revenir sur sa décision, elle exige sept jours durant lesquels il devra se soumettre à toutes ses fantaisies.
Le compte à rebours est lancé jusqu’à l’échéance finale. Qui gagnera du désespoir ou de la joie de vivre ? Que s’est-il passé dans la vie de cet homme pour qu’il en arrive là ? Qu’a vécu cette femme pour qu’elle prenne aussi violemment le parti de la vie et du bonheur ?
Avec une poésie joyeuse et une grande émotion, Baptiste Beaulieu imagine une merveilleuse rencontre entre deux êtres qui cherchent à réenchanter le monde.


Mon avis :

Mark, ou Teaddy Bear ou peu importe son nom, n'aime plus la vie. Il a donc décidé de la quitter.
Le matin de sa mort, il fait la rencontre de Sarah, chauffeur de taxi, et dotée de dons incroyables. Elle lui demande alors 7 jours afin de lui redonner goût à la vie, chose que notre docteur ne peut refuser.

Baptiste Beaulieu nous emmène dans l'existence du docteur qui a perdu le goût de toute chose, qui ne sait plus comment soigner ses patients, ni comment sourire. Il se rappelle pourquoi il a voulu devenir médecin, mais le départ de son épouse l'a totalement vidé de sa vie. La fatigue de ce personnage est palpable. On porte son malheur avec lui tout en s'interrogeant sur ce qui nous motive, nous, à continuer (et on trouve plein de raisons!).

Sarah, quant à elle, apporte une note piquante à l'histoire avec son excentricité et son franc parler. On se demande comment une petite vieille comme elle fait pour avoir autant d'énergie, mais on la prend en entier et on l'apprécie.

C'est un livre rafraîchissant, qui nous fait nous poser plein de questions sur la vie, les personnes qui nous entourent (que ferait-on si elles partaient?) et les petites choses que l'on ne remarque pas.
Le milieu médical en arrière plan est, je trouve, très fort, très poignant. J'ai beaucoup été touchée par une scène en particulier qui met en avant la sensibilité dont il faut parfois faire preuve.

J'ai fait une belle découverte en lisant ce livre. Merci à Saint-Maur en poche pour cette rencontre !

lundi 31 juillet 2017

Annie Barrows : Le secret de la manufacture de chaussettes inusables



Edition : 10/18, 2016


Résumé :

Layla Beck, une jeune citadine fortunée, fille d'un puissant sénateur du Delaware, refuse d'épouser le riche parti que son père a choisi pour elle et se voit contrainte d'accepter un emploi de rédactrice au sein d'une agence gouvernementale. Elle n'a jamais travaillé de sa vie, mais en ces temps de grande dépression, nécessité fait loi. Sa mission : se rendre dans la petite ville de Macedonia, interroger ses habitants hauts en couleur, et rédiger l'histoire de cette ville sur le point de célébrer le cent-cinquantenaire de sa fondation. Elle prend pension chez les Romeyn, des excentriques désargentés, autrefois propriétaires d'une grande fabrique de chaussettes et autres articles de bonneterie – Les Inusables Américaines – qui a été ravagée par un incendie plusieurs années auparavant. Ce drame, qui a coûté la vie au grand amour de Jottie Romeyn, reste gravé dans les mémoires et suscite encore bien des questions. Ce même été, Willa Romeyn, douze ans, grande admiratrice de Sherlock Holmes, décide de tourner le dos à l'enfance et d'utiliser ses dons de déduction pour percer les mystères qui semblent entourer sa famille. De question en réponse, de soupçon en révélation, Layla et Willa vont bouleverser le cours des choses, changer profondément et à jamais l'existence de tous les membres de leur petite communauté, et mettre au jour vérités enfouies et blessures mal cicatrisées.


Mon avis :

Layla débarque dans une ville paumée des Etats-Unis, loin de son univers habituel. Refusant le mariage, elle doit travailler.
Elle est hébergée pour la famille Romeyn qui est loin d'être la famille la plus "standard" de la ville...

Univers : petite ville des Etats-Unis (j'adore!!!)
Personnages : une famille + une intrue adoptée par la famille + le reste de la ville (un classique du genre)
Période : été, il fait très chaud, atmosphère moite
Intrigue : Incendie de la manufacture avec décès d'un amoureux

Voilà tous les éléments qui font de ce livre un livre bien sympathique pour l'été !
Les personnages, pour une grande partie féminin, sont drôles et excentriques. On imagine chacun de leur trait, leur façon d'être et de se déplacer, parfois même on peut sentir leur présence.
Ce livre retranscrit avec beaucoup de justesse une atmosphère bien particulière que j'apprécie : celle du mystère planant sur une ville et une famille.

Ce n'est pas forcément le roman que j'ai lu d'une traite, mais c'est un livre que j'ai pris le temps d'aimer page après page. Je me suis attachée aux personnages, et j'ai vécu avec eux des moments tristes, et de moments beaux.

Joël Dicker : La vérité sur l'affaire Harry Quebert


Edition : De Fallois, 2014

Résumé :

À New York, au printemps 2008, lorsque l'Amérique bruisse des prémices de l'élection présidentielle, Marcus Goldman, jeune écrivain à succès, est dans la tourmente : il est incapable d'écrire le nouveau roman qu'il doit remettre à son éditeur d'ici quelques mois. Le délai est près d'expirer quand soudain tout bascule pour lui : son ami et ancien professeur d'université, Harry Quebert, l'un des écrivains les plus respectés du pays, est rattrapé par son passé et se retrouve accusé d'avoir assassiné, en 1975, Nola Kellergan, une jeune fille de 15 ans, avec qui il aurait eu une liaison. 
Convaincu de l'innocence de Harry, Marcus abandonne tout pour se rendre dans le New Hampshire et mener son enquête. Il est rapidement dépassé par les événements : l'enquête s'enfonce et il fait l'objet de menaces. Pour innocenter Harry et sauver sa carrière d'écrivain, il doit absolument répondre à trois questions : Qui a tué Nola Kellergan ? Que s'est-il passé dans le New Hampshire à l'été 1975 ? Et comment écrit-on un roman à succès ?


Mon avis :

Marcus est en panne sèche. Il décide de se rendre auprès de son professeur et ami qui lui a tout appris. Cependant, celui-ci est accusé du meurtre de Nola, 15 ans, avec qui il aurait entretenu une liaison.
Marcus décide alors de mener sa propre enquête grâce au témoignage de Harry mais également à ceux ayant côtoyé Nola.

Je n'ai qu'un seul mot à écrire : palpitant. Ce récit est juste un livre qui ne peut pas se finir. On y est accroché du début à la fin pour connaître enfin la vérité sur l'affaire Harry et Nola. Était-ce une vraie histoire d'amour, ou juste une amourette ? Est-ce qu'Harry aurait pu faire du mal à Nola ? Ou se cache la vérité ?

Le personnage de Marcus, écrivain ayant un best seller à son actif, recherchant une nouvelle fois le succès, tiraillé entre son futur roman et l'avenir de son ami, est attachant, parfois même agaçant tellement il est "parfait". On sent un personnage complet, possédant de grandes valeurs, prêt à aller jusqu'au bout de ses idées pour sauver son ami.

Il y a un dosage parfait entre l'enquête menée par Marcus, et les flash-back du passé. Aucun ennui, juste du bonheur, pour enfin arriver à l'apothéose que personne n'attendait.

C'est un roman qui peut paraître un pavé, mais qui se lit tellement rapidement...

lundi 8 mai 2017

Olivier Norek : Territoires


Edition : Pocket, 2015

Résumé :

Depuis la dernière enquête du capitaine Victor Coste et de son équipe, le calme semble être revenu au sein du SDPJ 93. Pas pour longtemps, hélas ! L'exécution sommaire de trois jeunes caïds va les entraîner sur des pistes inimaginables. Des pains de cocaïne planqués chez des retraités, un chef de bande psychopathe d'à peine treize ans, des milices occultes recrutées dans des clubs de boxe financés par la municipalité, un adjoint au maire découvert mort chez lui, torturé... 
et Coste se retrouve face à une armée de voyous impitoyables, capables de provoquer une véritable révolution. Mais qui sont les responsables de ce carnage qui, bientôt, mettra la ville à feu et à sang ? Avec ce polar admirablement maîtrisé, Olivier Norek nous plonge dans une série de drames terriblement humains et de stratégies criminelles - loin d'être aussi fictives qu'on pourrait le croire - où les assassins eux-mêmes sont manipulés.


Mon avis :

Trois caïds sont retrouvés morts... A cela s'ajoute la découverte d'un trafic de drogue par l'intermédiaire de retraités et un adjoint au maire torturé puis assassiné... Victor Coste doit alors mener une enquête dans un milieu pour le moins fermé et ultra-violent...

Olivier Norek mêle politique et banditisme. Sur fonds de fiction, il nous emmène dans une histoire qui comprend une part de vérité.
Car on se doute que les partis politiques achètent la paix dans certaines banlieues, et donc financent tout ce qui est autour de la drogue.

Comportant des passages très difficiles à lire (les larmes coulaient toutes seules sur un passage bien précis...), j'ai trouvé ce livre extrêmement bien écrit, avec des moments très forts, et une précision très pointue.
Aucun temps mort ne le ponctue, les personnages sont juste magnifiquement créés, un excellent thriller, bien noir comme j'aime.

Il laisse un goût amer dans la bouche et des questionnements... Peut-on faire changer les choses ?

Barbara Abel : L'innocence des bourreaux


Edition : Pocket, 2016

Résumé : 

Dans une supérette, une jeune maman, un couple adultère, une personne âgée et son aide, une mère et son ado font leurs courses. Un junkie entre pour voler la caisse et perd le contrôle de la situation. Un jeux subtile s'instaure alors entre supposés victimes et bourreaux.


Mon avis :

L'histoire se déroule dans une supérette de quartier. Dedans se trouve différentes personnes pour différentes raisons. Sauf que c'est également la supérette qui a été choisie par un junkie pour son cambriolage.
Mais les cartes qui ont été distribuées ne sont pas forcément celles que l'on attend...

L'auteur nous fait croiser la route d'une jeune maman, stressée d'avoir laissé son enfant juste pour 5 minutes, un couple adultère dont l'homme regrette déjà d'avoir trompée sa femme, une vieille femme acariâtre et son aide ménagère, une mère de famille qui vient de se fâcher durement contre son fils adolescent et qui s'en veut de ses paroles.
On enferme ces personnes dans un lieu, une supérette, on rajoute un cambrioleur, et on secoue le tout. Et cela donne un livre juste palpitant.
Car chaque personnage réagit d'une façon totalement inattendue, et à chaque réaction, il y a un rebondissement.

La tension est présente du début à la fin, car on sait qu'il va se passer quelque chose, mais on n'arrive pas à le deviner.
J'ai lu ce livre d'une traite, et honnêtement, j'ai tout apprécié. Bien que pas épais par rapport à d'autres romans, ses pages recèlent tout ce qui en fait un bon voire un excellent.

Je n'ai qu'un mot à dire à l'auteure : merci !

lundi 17 avril 2017

Antonin Varenne : Battues


Edition : La Manufacture de livres, 2015

Résumé :

Les hommes laissèrent les distances se creuser entre eux et commencèrent à marcher d'un pas plus long et rapide. La pente dans le dos et n'y croyant plus vraiment, ils accéléraient naturellement, distançant Rémi qui continua à s'user les yeux sur le moindre morceau de terre, la moindre tache de couleur aperçue. Il pensait à Philippe, roulé dans un tas de feuilles mortes, sur un humus pourrissant, à quelques mètres de lui, peut-être, et lui revenait le souvenir de l'odeur du sang qui se mélangeait à celle de la prairie fauchée ; la douleur qui le ramenait à la conscience en des chocs déments ; la folie des secondes, coincé sous la ferraille. 
Il avait attendu, comme Philippe, peut-être, un oeil fiché au ciel, se demandant si quelqu'un allait lui venir en aide ou s'il allait crever ici.


Mon avis :

Rémi est garde chasse. Il vit en ermite, a quelques amis précieux mais est plutôt solitaire. Rémi est défiguré suite à un accident qu'il a eu dans sa jeunesse.
Un jour, Michèle, son amour d'adolescence, revient dans ce coin reculé. Sauf qu'un meurtre est commis, que Rémi et Michèle sont ensuite pris pour cibles, avec en arrière plan de vieilles querelles familiales qui se battent sur la possession des différents terrains.

Antonin Varenne nous emmène dans la France profonde, dont les terres sont possédées par 2/3 grandes familles et qui se battent pour en avoir la totalité. Car tout est basé sur les rivalités. On pourrait se croire dans Roméo et Juliette !
L'auteur retranscrit de façon très juste la dureté de la vie et les accidents qui peuvent survenir, l'isolement que certains peuvent y trouver ou rechercher, les liens entre les différents habitants.
On plonge dans la noirceur de ce roman avec délectation. On se raccroche à Rémi et à sa gueule balafrée, en étant persuadé de son innocence tout en se demandant quels sont les secrets qu'il cache.

J'ai retrouvé l'atmosphère de "Grossir le ciel" de Franck Bouysse, et c'est juste un pur plaisir.
Ce roman nous ramène à la réalité et nous fait découvrir un nouveau monde.
J'aime cette ambiance noire et pesante, c'est d'ailleurs dans un mode un peu sombre que j'imaginais chaque scène.

J'ai beaucoup aimé ce livre dont je ne suis pas totalement sortie indemne.

Stephen King : 22/11/63


Edition : Le Livre de Poche, 2014

Résumé :

Jake Epping est un enseignant d'anglais à Lisbon Falls, dans le Maine, qui se fait un revenu complémentaire en enseignant aux adultes dans le programme GED. Il reçoit un essai de l'un des étudiants : une histoire macabre, déchirante, au sujet d'une nuit il y a 50 ans quand le père d'Harry Dunning est arrivé à la maison, a tué sa mère, sa soeur et son frère avec un marteau. Harry s'en est sortit avec une jambe mal en point, comme le prouve sa démarche actuelle.

Un peu plus tard, Al, l'ami de Jake, lui raconte un secret : sa boutique est un portail vers 1958. Il enrôle Jake dans une folle mission afin d'empêcher le meurtre de John Kennedy. Ainsi sa nouvelle vie en tant que Jakes George Amberson, son nouveau monde d'Elvis et JFK, un monde de grosses voitures américaines, d'un solitaire en difficulté nommé Lee Harvey Oswald et d'une bibliothécaire prénommée Sadie Dunhill, qui devient l'amour de Jake et qui transgresse les règles normales du temps.


Mon avis :

Jake Epping est professeur d'anglais. Il se rend régulièrement dans une petite gargote tenue par Al dont les prix défient toute concurrence, ce qui inspire certaines rumeurs (la viande qui n'est pas du boeuf?).
Alors que les vacances d'été approchent, Jake se rend chez Al et le retrouve vieilli et diminué. C'est à ce moment là qu'Al lui révèle que sa boutique recèle une entrée vers l'année 1958. Ainsi, celui-ci a passé de nombreuses années dans le passé, mais est revenu une minute après être parti.
Al donne alors une mission à Jake : éviter le meurtre de JFK afin d'éviter la guerre et de changer le monde.

Mon premier Stephen King...Que dire ?
Il était long, mais c'est normal, c'est du King ! J'aurais facilement enlevé un tiers du roman qui, pour moi, est juste du remplissage.
Mais sans ce tiers, ce ne serait pas Stephen King.

J'ai beaucoup aimé l'idée de pouvoir revenir dans le passé, et de rentrer dans le monde moderne en ayant "perdu" qu'une seule minute. Cela donne la place à énormément de possibilités.
Le concept que le passé se batte pour ne pas être modifié est également intéressant. En effet, il suffit d'un changement minime pour que le cours de l'Histoire ne soit plus le même. Stephen King nous amène à nous questionner mais également à accepter le passé tel qu'il est. Ce qui est fait est fait et ne peut pas être changé. Nous ne pouvons que l'admettre.

Le personnage de Jake, qui se rend compte qu'il est plus heureux dans le passé que dans son époque est attachant. Il essaie de bien faire sans se rendre compte des conséquences que ses actes provoquent.

Je ne peux pas tout dévoiler, mais c'est un livre extrêmement riche.
La fin est juste sublime.
Petit bémol, il ne faut vraiment pas s'arrêter dans la lecture de ce roman, afin de ne pas oublier le moindre détail.