dimanche 4 décembre 2016

Paul Cleave : Un employé modèle


Edition : Le Livre de Poche, 2006


Résumé :

Christchurch, Nouvelle-Zélande. Joe Middleton contrôle les moindres aspects de son existence. Célibataire, aux petits soins pour sa mère, il travaille comme homme de ménage au département de police. Ce qui lui permet d’être au fait des enquêtes criminelles de la ville. En particulier celle relative au Boucher de Christchurch, un sérial-killer sanguinaire accusé d’avoir tué ces dernières semaines sept femmes dans des conditions atroces. Même si les modes opératoires sont semblables, Joe sait qu’une de ces femmes n’a pas été tuée par le Boucher de Christchurch. Il en est même certain, pour la simple raison qu’il est le Boucher de Christchurch.
Contrarié par ce coup du sort, Joe décide de mener sa propre enquête, afin de punir lui-même le plagiaire. Et, pourquoi pas, de lui faire endosser la responsabilité des autres meurtres. Ayant accès à toutes les données de la police, il va d’abord se concentrer sur cette « septième victime » pour tenter de connaître le mobile du tueur. Il lui faudra ensuite savoir comment l’homme qu’il cherche a pu avoir connaissance de son mode opératoire dans les moindres détails, au point de leurrer les forces de l’ordre. Se mettre dans la peau du tueur, en quelque sorte : ça, il connaît!


Mon avis :

Joe travaille comme homme de ménage un peu lent à la police de Christchurch. Avec l'accès à toutes les données de l'enquête sur le boucher de Christchurch, il décide de mener une enquête parallèle pour découvrir qui est la personne qui ose plagier ses propres crimes...

Pour une fois que nous sommes dans la tête d'un serial killer, ça en devient quasi dérangeant...
On suit Joe dans sa triple vie, celle qu'il présente à sa mère, celle qu'il présente à tous les autres, et celle de tueur. 
Au départ, on trouve cela drôle car nouveau, et au fur et à mesure du roman, ça devient quasi malsain. Il tue des femmes, nous sommes témoin, nous sommes dans son esprit, nous devenons complice.
Et surtout, il y a LA scène qui nous fait mal au plus profond de notre être, qui nous fait relever la tête en faisant "ouch".

L'auteur arrive très bien à nous mettre dans cette ambiance un peu glauque. On vit Joe, on est Joe et même si on n'adhère pas du tout à son mode de vie, on le suit de notre plein gré.
Cela fait du bien d'avoir un livre qui sort de l'ordinaire, et qui nous amène à réfléchir sur d'autres points de vue.

La suite (Un prisonnier modèle) est sorti cette année (2016) aux Editions Sonatine. Je pense qu'il va bientôt faire partie de ma PAL!

jeudi 1 décembre 2016

TROPHEES 813 2016 : Les résultats

Voici les résultats du prix 813 (avec un peu de déception pour ma part...mais les votes sont les votes ! 😊) qui ont été remis les 19-20 novembre 2016 lors du festival Noir sur la ville à Lamballe :

- Catégorie roman français : Christian Roux avec Adieu Lili Marleen (éditions  Rivages)


- Catégorie roman étrangers – Prix Michèle Witta : Jo Nesbo avec Le Fils (Série Noire Gallimard)


- Prix Maurice Renault (documentaire) : C'est l'histoire de la Série Noire, Collectif (Gallimard)



- Trophée 813 Bande-Dessinée : Les Nuits de Saturne, dessin Pierre-Henry Gomont, d'après "Carnage constellation" de Marcus Malte.

Ian Rankin : Exit music


Edition : Le Livre de Poche, 2012


Résumé :

À une semaine de son départ à la retraite, John Rebus enquête sur le meurtre d'un poète russe dissident. Il met au jour les liens qui unissent Cafferty, l'intouchable caïd d'Édimbourg, des oligarques moscovites qui se pavanent en ville, une députée nationaliste du Parlement écossais et une banque d'affaires. Contre l'avis de sa hiérarchie, l'irréductible inspecteur s'obstine... Va-t-il enfin l'emporter contre le monde des nantis et des corrompus et régler ses comptes avant de partir ? Exit music offre sa plus complète illustration à la thèse centrale qui court sur dix-sept volumes : le crime n'est pas une maladie qui se guérit par injonction d'agents en uniforme ; c'est un cancer, dont l'évolution apparaît à la fois consubstantielle et nécessaire au développement de la société qu'il parasite. On ne combat guère le crime, mais ses effets secondaires.


Mon avis :

Un poète russe est retrouvé assassiné à Edimbourg. John Rebus et Siobhan Clarke sont mis sur l'affaire. Cela les mène sur les traces de parlementaires, de banquiers, d'hommes d'affaires russes, de Cafferty - gangster local que Rebus essaie de coincer depuis plusieurs années, d'une femme à capuche et d'autres personnes.
Rebus, à une semaine de la retraite, veut à tout prix résoudre cette enquête, voire mettre Cafferty derrière les barreaux...

Sans avoir lu tous les tomes autour de Rebus, il est possible de se mettre dans ce roman sans aucun problème.
On parvient facilement à comprendre le caractère de chaque personnage et les liens qui les unissent.
J'aime beaucoup le personnage de Rebus, totalement incontrôlable mais ultra compétent. Son franc parler, sa solitude, et son attachement à Siobhan qu'il a formée en font un personnage authentique.
De même, la position de Siobhan qui doit reprendre la place de Rebus après son départ est très bien retranscrite par l'auteur. On perçoit son hésitation et sa recherche d'approbation, ainsi que sa volonté de réussir seule.

Naviguer dans les rues d'Edimbourg est un pur plaisir même si l'histoire de fond concerne un meurtre. J'aime cette atmosphère de petite ville un peu sombre, mais chargée d'histoire.

Je pense que je vais sérieusement me pencher sur la série... 😊

Rick Yancey : La mer infinie


Edition : Robert Laffont, 2014

Résumé :



Comment débarrasser la Terre de ses sept milliards d'habitants ? Retirez aux hommes leur humanité...

Cassie Sullivan et ses compagnons ont survécu aux quatre premières vagues destructrices lancées par les Autres. Maintenant que l'espèce humaine a été presque entièrement exterminée et que la 5e Vague déferle sur la planète, le groupe se trouve face à un choix : se préparer à affronter l'hiver en espérant le retour rapide d'Evan Walker, ou se mettre en quête d'éventuels survivants avant que l'ennemi ne referme sur eux son impitoyable piège.
Personne ne peut prédire à quels abîmes de cruauté les Autres sont prêts à s'abaisser, ni à quelles hauteurs l'humanité saura se hisser. La bataille finale ne fait que commencer...
Ils connaissent notre manière de penser.
Ils savent comment nous exterminer.
Ils nous ont enlevé toute raison de vivre.
Ils viennent maintenant nous arracher ce pour quoi nous sommes prêts à mourir.



Mon avis :

Cassie a retrouvé son petit frère, et s'est réfugiée dans un hôtel après leur départ du centre.
En groupe, ils essaient de survivre aux Autres. Mais la cohabitation s'avère plus difficile que prévue.
Cassie est persuadée qu'Evan va revenir, mais le peut-il réellement ?

Suite de la 5ème vague, ce tome continue l'histoire de façon convaincante. 
On fait la connaissance de façon plus approfondie avec les différents personnages notamment en rajoutant le point de vue de Ringer dans la narration, on voit les caractères se définir, les relations se mettre en place petit à petit, sans se lasser.
Et c'est cela qui est aussi appréciable, l'histoire ne tourne pas en rond, elle se poursuit et se construit naturellement.

Je trouve que pour une suite, elle est plutôt réussie. J'aime le fait qu'elle ne soit pas l'exacte copie du 1er tome et que l'auteur ait changé de personnage dans la narration. Cela permet d'avoir des informations et un rythme différent.

3ème tome à lire !

jeudi 24 novembre 2016

Benjamin Renner : Le grand méchant renard




Edition : Delcourt, 2015


Résumé :

Un renard chétif tente de se faire une place de prédateur face à un lapin idiot, un cochon jardinier, un chien paresseux et une poule caractérielle. Il a trouvé une stratégie : il compte voler des oeufs, élever les poussins, les effrayer et les manger.


Mon avis :

Le renard de notre histoire veut devenir méchant. Sauf que c'est un petit renard, et qu'il n'effraie pas grand monde.
Afin de se faire respecter, il met en place une stratégie : voler des oeufs, élever les poussins puis les manger. Sauf que son plan ne se réalise pas tout à fait comme prévu.

Je trouve qu'il y a beaucoup de fraîcheur dans cette BD. Les dessins sont simples, clairs et efficaces. Les couleurs sont très bien choisies, et pas agressives.
Même si la BD est classée en jeunesse, l'histoire n'est pas nécessairement faite que pour les enfants. Elle est bourrée d'humour et de situations cocasses.
J'ai eu le sourire pendant toute la lecture et honnêtement, ça fait du bien!!

Je l'ai connu grâce à la FNAC car la BD a remporté le prix BD FNAC de 2016.

Gros coup de cœur pour cette belle oeuvre!

Jax Miller : Les infâmes


Edition : Ombres Noires, 2015

Résumé :

Freedom Oliver, alcoolique et suicidaire, a passé dix-huit ans à se cacher dans une petite ville de l’Oregon, sous protection du FBI. Hantée par son passé douloureux et la mort brutale de son mari, elle souffre d’avoir abandonné ses deux enfants pour échapper à la vengeance de son beau-frère. En apprenant la disparition de sa fille Rebekah, élevée par un pasteur aux croyances radicales, elle part avec l’énergie du désespoir pour le Kentucky. Après tant d’années à se cacher, quitter l’anonymat c’est laisser à son bourreau l’occasion de la retrouver. Et de se venger.

Entre les paumés magnifiques, les flics indélicats, les dégénérés de sa belle-famille et de dangereux fanatiques religieux, son périple tourne à l’odyssée.


Mon avis :

Freedom, mêlée au décès de son mari, a bénéficié de la protection du FBI. Afin d'offrir une meilleure vie à ses enfants, elle les a fait adopter par une famille qui s'avère être extrêmement croyante voire fanatique. A la disparition de sa fille, elle décide de partir à sa recherche malgré la menace de sa belle-famille et du FBI...

Jax Miller (qui est une femme) nous écrit un roman américain comme je les aime : une belle ambiance, une belle atmosphère, sombre mais pas trop.

Les personnages sont juste magnifiques, très bien construits et complets.
Freedom est une femme forte qui possède des faiblesses. Elle a sombré dans l'alcool, a un côté violent, mais pour l'amour de sa fille, elle est prête à prendre tous les risques. On se questionne sur son passé, sa relation avec sa belle-famille, le décès de son mari et le pourquoi de la protection du FBI.
Les réponses sont distillées, insérées dans le roman petit à petit. On altère l'histoire d'aujourd'hui avec des passages du passé et tout se raccorde pour le meilleur.

C'est un roman que j'ai dévoré. Impossible de m'arrêter dans ma lecture. Je l'ai trouvé poignant et émouvant.
J'attends avec impatience le 2nd livre de cette auteure pour confirmer mon coup de cœur! 

dimanche 6 novembre 2016

James Ellroy : Perfidia


Edition : Rivages noir, 2015

Résumé :

6 Décembre 1941. L'Amérique est au bord de la Seconde Guerre Mondiale. Les derniers espoirs de paix volent en éclats lors du bombardement de Pearl Harbor. Los Angeles a toujours été un refuge pour les nippo-americains mais maintenant, la fièvre guerrière et la haine raciale s'emparent de la ville et l'internement des Japonais commence.

Le meurtre horrible d'une famille japonaise va impliquer trois hommes et une femme. William H.Parker est capitaine de la Police de Los Angeles. Il est superbement doué, corrosivement ambitieux, porté sur la boisson et consumé par une idéologie douteuse. Il est amèrement en désaccord avec le Sergent Dudley Smith -immigrant irlandais, ex tueur de l'IRA, profiteur de guerre. Kay Lake est une dilettante de 21 ans en quête d'aventure. Hideo Ashida est chimiste pour la police et le seul japonais de la police de Los Angeles. L'enquête les réunit et les sépare. Le crime devient le centre d'un maelström politique ils deviendront camarades, rivaux, amants, pions de l'histoire...


Mon avis : 

Une famille japonaise est assassinée à la veille de Pearl Harbor. Le meurtrier a voulu faire croire à un suicide mais différents indices vont pousser les enquêteurs à s'orienter vers la piste de l'homicide.

Même si le résumé peut paraître terriblement alléchant, il n'en demeure pas moins que c'est un Ellroy. Et avec cet auteur, il faut avoir du temps devant soi si l'on veut bien comprendre l'histoire.
Il y a énormément de personnages (trop d'ailleurs), les histoires de chacun s'imbriquent (on dirait presque un roman d'espionnage), il y a une dimension politique qui est omniprésente (et très compliquée), tout cela sur un fond historique très fort.

Autant avouer de suite, j'ai failli abandonner plusieurs fois. Mais j'ai tenu bon, et je n'ai pas aimé. Mais alors, pas du tout.
J'ai été totalement perdue entre les personnages, je n'ai pas accroché l'histoire, j'ai trouvé que c'était ultra violent et vulgaire sans forcément en avoir la nécessité, et le livre avait juste 300 pages de trop...

J'avais déjà lu un roman de cet auteur, mais c'est décidé, je ne réitérerai plus... Il n'est pas fait pour moi...