dimanche 25 décembre 2016

Andrea H. Japp : Le Sang de grâce


Édition : Le Livre de Poche, 2007

Résumé :

1304. La France est déchirée par les luttes de pouvoir opposant le roi Philippe le Bel, l'Église et le très puissant ordre des Templiers. La belle Agnès de Souarcy, jeune veuve au caractère bien trempé, va voir son destin basculer sans comprendre à quel point il est lié à ceux du royaume et de la chrétienté... Dans ce troisième et dernier volume de 'La Dame sans terre', Andrea H. Japp nous donne enfin les clés des multiples intrigues nouées dans les deux précédents tomes... Qui est véritablement le jeune Clément ? Qui a commandé les meurtres de l'abbaye de femmes des Clairets ? L'enquête remonte désormais jusqu'à Rome et au proche entourage du souverain pontife empoisonné... Quant à l'histoire d'amour entre Agnès et Artus, comte d'Authon, elle va connaître, elle aussi, une fin inattendue..


Mon avis :

Agnès est délivrée de l'inquisition et retourne à son domaine avec Clément.
Dans l'abbaye de femmes des Clairets, d'autres meurtres sont commis dans le seul but de lever la fouille systématique à la sortie.
Artus, quant à lui, découvre l'amour qu'il éprouve pour Agnès sans toutefois parvenir à lui avouer.

J'ai trouvé ce tome beaucoup plus prenant et intéressant que le 2nd. L'histoire prend enfin forme avec des secrets révélés : qui est réellement Clément, quelles sont les personnes concernées par les thèmes astrologiques, qui est le meurtrier dans l'abbaye. L'intrigue avance d'un coup, très rapidement, et cela change du tome précédent qui était relativement plan plan.

Toujours très bien écrit, avec un bel arrière plan historique, l'histoire est extrêmement bien documentée sur les us de l'époque.
Le personnage d'Agnès, personnage principal, est toujours prépondérant. Les intrigues se déroulent autour d'elle et elle en prend conscience dans ce roman. Cette femme forte se construit dans l'adversité. On apprend certains de ses actes sans la juger et on comprend mieux son attachement à Clément.

Je ne sais pas si je lirai le 4ème tome, car je trouve que cela tire en longueur... Je pense que l'histoire aurait pu être raccourcie un petit peu. Cela aurait rendu un peu plus de rythme.

Robert Goddard : Heather Mallender a disparu



Édition : Le livre de Poche, 2013

Résumé :

Quinquagénaire alcoolique et désenchanté, Harry Barnett vit depuis de nombreuses années sur l’île de Rhodes, où il s’occupe de la villa d’un de ses amis, un homme politique anglais. Quand Heather Mallender arrive à la villa pour se remettre d’un drame personnel, Harry est vite attiré par la jeune femme. Mais, lors d’une balade en montagne, tout bascule : Heather disparaît sans laisser de traces et Harry est soupçonné par la police grecque de l’avoir assassinée. Devant l’absence de preuves, il est laissé en liberté. Avec une question qui ne cesse de l’obséder : qu’est-il arrivé à Heather ? Harry décide alors de mener l’enquête à partir de sa seule piste : les vingt-quatre dernières photos prises par la jeune femme avant de disparaître. Cliché après cliché, il va ainsi tenter de reconstituer les dernières semaines de la vie de celle-ci, entre la Grèce et l’Angleterre. Mais plus il apprend de choses sur Heather, sur son passé et sa vie, et plus le mystère s’épaissit.


Mon avis :

Harry s'occupe de la villa d'un de ses amis, politicien anglais.
Un jour, une jeune femme, Heather, arrive.
Alors qu'ils se promènent en montagne, Heather disparaît. Harry est le dernier à l'avoir vue vivante.
Face aux peu d'indices permettant d'établir une piste valable, Harry décide de mener sa propre enquête. Et cela va commencer avec les dernières photos prises par la jeune femme.

Tout commence sur une île grecque idyllique, sur laquelle beaucoup de personnes aimeraient passer des vacances.
Heather disparaît et seul son foulard est retrouvé. Grâce à un jeu de piste qui nous mène en Angleterre et en Suisse, nous menons l'enquête avec Harry. Pour nous, tout le monde est suspect et ce n'est qu'à la toute fin que nous découvrons enfin la vérité.

Finement menée, cette enquête nous fait voyager et nous tient en haleine durant tout le roman. Jamais je n'aurais pu deviner le dénouement final !
C'est extrêmement bien écrit, et le personnage d'Harry, cinquantenaire alcoolique, désigné coupable spontanément est très attachant. Car il souhaite juste découvrir la vérité, malgré ce qu'il peut lui arriver, et quitte à renouer avec un passé douloureux.

Je ne peux que le conseiller car j'ai passé un bon moment, dans une atmosphère suspicieuse de polar ! 

Marc Dugain : Une exécution ordinaire


Edition : Folio, 2009


Résumé :

Au mois d'août de l'an 2000, un sous-marin nucléaire russe s'abîme dans des profondeurs accessibles de la mer de Barents.
Vania Altman ferait partie des derniers survivants. Dans un port du cercle polaire, la famille Altman retient son souffle : elle risque une nouvelle fois de se heurter à la grande Histoire. Un demi-siècle après la mort de Staline, c'est désormais un ancien du KGB qui gouverne la Russie. Après nous avoir fait pénétrer dans les coulisses du FBI avec La malédiction d'Edgar, Marc Dugain offre ici une véritable fresque de la Russie contemporaine.
Inspirée de faits réels, elle révèle le profond mépris pour la vie manifesté par les gardiens paranoïaques de l'empire russe.


Mon avis :

Un livre, 3 époques, un même lien.
Un sous marin coule dans la mer de Barentz. Aucun survivant mais des mystères.
Une femme dotée d'un don est appelée pour soigner un grand de Russie.
Un ancien du KGB devient président de la Russie.
Qu'est ce qui relie ces 3 faits, qui ont l'air totalement séparés ?

J'ai eu un arrière goût de déjà lu durant tout le livre, jusqu'à ce que je me rende compte que j'ai vu le film 😊😊😊😊.

Je vais d'abord commencé par le style du livre. L'écriture est belle, simple et sans fioritures. Tout ce que j'aime. 
Les 3 parties sont cohérentes entre elles et même si parfois on aurait aimé aller plus loin (notamment dans la 1ère partie pour moi), on comprend parfaitement le choix de l'auteur de l'arrêter.
Enfin, les faits réels qui forment le squelette de ce roman rendent l'histoire plus forte. Je me rappelle de ce drame en l'an 2000, de tous ces hommes qui sont morts, alors que certains pensent qu'il était possible de les sauver. Vivre cette histoire de l'intérieur du sous marin est tout bonnement puissant.

L'histoire de la Russie, sa dureté, ses enjeux sont les thèmes évoqués dans ce roman. La peur de la trahison, la crainte de ses voisins, les choses à faire, à dire ou à ignorer nous donnent une vision plutôt particulière de ce pays qui a une réputation de pays dur et fermé à l'extérieur.

J'ai réussi avec facilité à me plonger dans ce livre, qui donne une première approche de la Russie et de son histoire.

La malédiction d'Edgar fait déjà partie de ma PAL !

dimanche 4 décembre 2016

Paul Cleave : Un employé modèle


Edition : Le Livre de Poche, 2006


Résumé :

Christchurch, Nouvelle-Zélande. Joe Middleton contrôle les moindres aspects de son existence. Célibataire, aux petits soins pour sa mère, il travaille comme homme de ménage au département de police. Ce qui lui permet d’être au fait des enquêtes criminelles de la ville. En particulier celle relative au Boucher de Christchurch, un sérial-killer sanguinaire accusé d’avoir tué ces dernières semaines sept femmes dans des conditions atroces. Même si les modes opératoires sont semblables, Joe sait qu’une de ces femmes n’a pas été tuée par le Boucher de Christchurch. Il en est même certain, pour la simple raison qu’il est le Boucher de Christchurch.
Contrarié par ce coup du sort, Joe décide de mener sa propre enquête, afin de punir lui-même le plagiaire. Et, pourquoi pas, de lui faire endosser la responsabilité des autres meurtres. Ayant accès à toutes les données de la police, il va d’abord se concentrer sur cette « septième victime » pour tenter de connaître le mobile du tueur. Il lui faudra ensuite savoir comment l’homme qu’il cherche a pu avoir connaissance de son mode opératoire dans les moindres détails, au point de leurrer les forces de l’ordre. Se mettre dans la peau du tueur, en quelque sorte : ça, il connaît!


Mon avis :

Joe travaille comme homme de ménage un peu lent à la police de Christchurch. Avec l'accès à toutes les données de l'enquête sur le boucher de Christchurch, il décide de mener une enquête parallèle pour découvrir qui est la personne qui ose plagier ses propres crimes...

Pour une fois que nous sommes dans la tête d'un serial killer, ça en devient quasi dérangeant...
On suit Joe dans sa triple vie, celle qu'il présente à sa mère, celle qu'il présente à tous les autres, et celle de tueur. 
Au départ, on trouve cela drôle car nouveau, et au fur et à mesure du roman, ça devient quasi malsain. Il tue des femmes, nous sommes témoin, nous sommes dans son esprit, nous devenons complice.
Et surtout, il y a LA scène qui nous fait mal au plus profond de notre être, qui nous fait relever la tête en faisant "ouch".

L'auteur arrive très bien à nous mettre dans cette ambiance un peu glauque. On vit Joe, on est Joe et même si on n'adhère pas du tout à son mode de vie, on le suit de notre plein gré.
Cela fait du bien d'avoir un livre qui sort de l'ordinaire, et qui nous amène à réfléchir sur d'autres points de vue.

La suite (Un prisonnier modèle) est sorti cette année (2016) aux Editions Sonatine. Je pense qu'il va bientôt faire partie de ma PAL!

jeudi 1 décembre 2016

TROPHEES 813 2016 : Les résultats

Voici les résultats du prix 813 (avec un peu de déception pour ma part...mais les votes sont les votes ! 😊) qui ont été remis les 19-20 novembre 2016 lors du festival Noir sur la ville à Lamballe :

- Catégorie roman français : Christian Roux avec Adieu Lili Marleen (éditions  Rivages)


- Catégorie roman étrangers – Prix Michèle Witta : Jo Nesbo avec Le Fils (Série Noire Gallimard)


- Prix Maurice Renault (documentaire) : C'est l'histoire de la Série Noire, Collectif (Gallimard)



- Trophée 813 Bande-Dessinée : Les Nuits de Saturne, dessin Pierre-Henry Gomont, d'après "Carnage constellation" de Marcus Malte.

Ian Rankin : Exit music


Edition : Le Livre de Poche, 2012


Résumé :

À une semaine de son départ à la retraite, John Rebus enquête sur le meurtre d'un poète russe dissident. Il met au jour les liens qui unissent Cafferty, l'intouchable caïd d'Édimbourg, des oligarques moscovites qui se pavanent en ville, une députée nationaliste du Parlement écossais et une banque d'affaires. Contre l'avis de sa hiérarchie, l'irréductible inspecteur s'obstine... Va-t-il enfin l'emporter contre le monde des nantis et des corrompus et régler ses comptes avant de partir ? Exit music offre sa plus complète illustration à la thèse centrale qui court sur dix-sept volumes : le crime n'est pas une maladie qui se guérit par injonction d'agents en uniforme ; c'est un cancer, dont l'évolution apparaît à la fois consubstantielle et nécessaire au développement de la société qu'il parasite. On ne combat guère le crime, mais ses effets secondaires.


Mon avis :

Un poète russe est retrouvé assassiné à Edimbourg. John Rebus et Siobhan Clarke sont mis sur l'affaire. Cela les mène sur les traces de parlementaires, de banquiers, d'hommes d'affaires russes, de Cafferty - gangster local que Rebus essaie de coincer depuis plusieurs années, d'une femme à capuche et d'autres personnes.
Rebus, à une semaine de la retraite, veut à tout prix résoudre cette enquête, voire mettre Cafferty derrière les barreaux...

Sans avoir lu tous les tomes autour de Rebus, il est possible de se mettre dans ce roman sans aucun problème.
On parvient facilement à comprendre le caractère de chaque personnage et les liens qui les unissent.
J'aime beaucoup le personnage de Rebus, totalement incontrôlable mais ultra compétent. Son franc parler, sa solitude, et son attachement à Siobhan qu'il a formée en font un personnage authentique.
De même, la position de Siobhan qui doit reprendre la place de Rebus après son départ est très bien retranscrite par l'auteur. On perçoit son hésitation et sa recherche d'approbation, ainsi que sa volonté de réussir seule.

Naviguer dans les rues d'Edimbourg est un pur plaisir même si l'histoire de fond concerne un meurtre. J'aime cette atmosphère de petite ville un peu sombre, mais chargée d'histoire.

Je pense que je vais sérieusement me pencher sur la série... 😊

Rick Yancey : La mer infinie


Edition : Robert Laffont, 2014

Résumé :



Comment débarrasser la Terre de ses sept milliards d'habitants ? Retirez aux hommes leur humanité...

Cassie Sullivan et ses compagnons ont survécu aux quatre premières vagues destructrices lancées par les Autres. Maintenant que l'espèce humaine a été presque entièrement exterminée et que la 5e Vague déferle sur la planète, le groupe se trouve face à un choix : se préparer à affronter l'hiver en espérant le retour rapide d'Evan Walker, ou se mettre en quête d'éventuels survivants avant que l'ennemi ne referme sur eux son impitoyable piège.
Personne ne peut prédire à quels abîmes de cruauté les Autres sont prêts à s'abaisser, ni à quelles hauteurs l'humanité saura se hisser. La bataille finale ne fait que commencer...
Ils connaissent notre manière de penser.
Ils savent comment nous exterminer.
Ils nous ont enlevé toute raison de vivre.
Ils viennent maintenant nous arracher ce pour quoi nous sommes prêts à mourir.



Mon avis :

Cassie a retrouvé son petit frère, et s'est réfugiée dans un hôtel après leur départ du centre.
En groupe, ils essaient de survivre aux Autres. Mais la cohabitation s'avère plus difficile que prévue.
Cassie est persuadée qu'Evan va revenir, mais le peut-il réellement ?

Suite de la 5ème vague, ce tome continue l'histoire de façon convaincante. 
On fait la connaissance de façon plus approfondie avec les différents personnages notamment en rajoutant le point de vue de Ringer dans la narration, on voit les caractères se définir, les relations se mettre en place petit à petit, sans se lasser.
Et c'est cela qui est aussi appréciable, l'histoire ne tourne pas en rond, elle se poursuit et se construit naturellement.

Je trouve que pour une suite, elle est plutôt réussie. J'aime le fait qu'elle ne soit pas l'exacte copie du 1er tome et que l'auteur ait changé de personnage dans la narration. Cela permet d'avoir des informations et un rythme différent.

3ème tome à lire !